Article mis en avant

Le chauffeur, le client et le flic : scènes de taxi camerounaises

Crédits photo : Elin B/ Flickr

Yaoundé, un lundi ensoleillé du mois d’août. Il est presque 7 heures à ma montre lorsque je descends d’une vieille Toyota Corolla AE92 qui vient de garer là, en face de la Poste centrale, en plein cœur de la capitale. Terminus d’un trajet qui a commencé à 3 km de là, au carrefour Emia. L’instant d’après, je tends une pièce de 100 F Cfa au conducteur, qui redémarre aussitôt son bolide jaune en trombe. Normal. Car le temps d’un chauffeur de taxi, ici comme ailleurs, vaut de l’or. Toute la journée, il va devoir braver l’âpreté du trafic routier, les caprices de la météo. Et en prime, la susceptibilité de passagers qui ne paient pas toujours très bien…Sans jamais se plaindre plus que de raison, car pour reprendre une rengaine commune à de nombreux Camerounais par ces temps de galère, « le dehors est dur, mais on va faire comment ? » Il faut bien gagner sa vie. Certes, ce métier n’est pas le moins ingrat de tous, sous nos latitudes tropicales. Mais il offre aux taximen une vue imprenable sur les soubresauts de la société camerounaise.

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Il était une fois : 1990

L'enceinte mythique du Stade Omnisports de Yaoundé

Crédits photo: Mboafootball.com

 

Imaginez-vous un instant dans la peau d’un reporter, parcourant les rues de Douala micro à la main dans le cadre d’un vox-pop portant sur le thème: « Quel est l’évènement qui vous a le plus marqué en 1990 ? ». Techniquement, la majorité des camerounais serait incapable de répondre à pareille question… La faute à une pyramide des âges qui fait du Cameroun l’une des populations les plus jeunes au monde, à en croire les chiffres très officiels du dernier recensement. Certes, pour ceux d’entre nous qui sont assez vieux pour s’en souvenir, cette année a vu se produire des bouleversements politiques majeurs. Beaucoup se souviendront sans doute du début de la marche forcée du régime Biya vers le multipartisme, dans ce climat de contestation, d’agitation et de terreur qui caractérisera plus tard les « Villes mortes ». Une toute petite poignée de gens, un peu plus érudits, évoqueront peut-être au passage la chute du Mur de Berlin et sa portée symbolique. Mais dans leur immense majorité, les camerounais ne manqueront pas de plébisciter un évènement en particulier, un moment gravé à jamais dans leur mémoire collective.

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Ma Rivière aux Crevettes

"Douala" par Alexandre FERNANDEZ via Flickr, CC BY-NC-SA 2.0

Crédits photo: Alexandre FERNANDEZ via Flickr

Mondoblog… Quel bonheur de pouvoir entrer dans cette grande famille, qui réunit des gens venus des quatre coins du monde, unis par le plaisir exquis de partager leur vécu! En effet, nous avons tous une histoire personnelle à raconter sur Mondoblog. Elle s’écrit au jour le jour, au gré de nos découvertes, de nos voyages, de nos rencontres. Pour ce billet (le premier d’une très longue série, je l’espère! ), je vous propose donc de découvrir l’article par lequel tout a commencé. Celui qui me vaut l’honneur d’être parmi vous. J’y clame toute l’affection que je porte à ma ville d’origine, Douala, au moment de la quitter pour aller vivre à Yaoundé, la capitale.

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